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mardi 11 janvier 2011

Dr. Jekyll et Sister Hyde (1971)


DR. JEKYLL ET SISTER HYDE (Dr. Jekyll and Sister Hyde)
Réalisateur : Roy Ward Baker
Scénario : Brian Clemens
Avec : Ralph Bates, Martine Beswick, Gerald Sim, Lewis Fiander, Susan Brodrick

Londres, dans les années 1800. Le jeune docteur Jekyll poursuit ses recherches sur une potion qui prolongera la vie. Essayant la potion sur lui-même, il s'aperçoit avec horreur et consternation qu'il s'est transformé en une belle jeune femme : ainsi naît Sister Hyde. Jekyll décide qu'il lui faut ravir une vie humaine pour faire avancer ses recherches. Il arpente les rues à la recherche de ses victimes potentielles.

Originalité : 7/10
Scénario : 8/10
Musique : 7/10
Interprétation : 7/10
Mise en scène : 8/10
>> Note globale : 7.4/10

Très bonne surprise que ce film d'épouvante du début des années 70, produit par la Hammer, alors dans une période de déclin. L'histoire originale de Dr. Jekyll et Mister Hyde est revisité une nouvelle fois avec originalité : une incarnation féminine du double schizophrénique. Le film vaut mieux que son titre qui laisse penser à un film d'horreur au rabais. Le scénario est assez bien développé et aborde quelques thèmes de manière très habile, comme l'homosexualité refoulée ou l'image de soi que l'on voudrait avoir aux yeux des autres.

Il faut reconnaître alors au réalisateur, Roy Ward Baker, un réel talent de mise en scène. Outre l'ambiance, très bien restituée, on note une belle photographie (Norman Warwick) et des trouvailles dans le placement des caméras. Ainsi Baker s'amuse régulièrement avec les miroirs, les fenêtres, tous les lieux pouvant refléter ou laisser apparaître un personnage à lui-même. Adaptant avec beaucoup d'habileté sa mise en scène à l'histoire et au comportement des personnages, il donne au récit une force souvent absente des productions de ce genre. Et en fait au passage une très bonne adaptation de la nouvelle de Robert Louis Stevenson. Les acteurs principaux sont crédibles, sans toutefois imposer un charisme débordant. Peut-être une des raisons pour lesquelles ont a plus facilement retenus les films avec Christopher Lee. Je ne peux que conseiller la (re)découverte de ce film.

dimanche 2 janvier 2011

L'aventure du Poséidon (1972)


L'AVENTURE DU POSEIDON (The Poseidon Adventure)
Réalisateur : Ronald Neame
Scénario : Stirling Silliphant et Wendell Mayes
Avec : Gene Hackman, Ernest Borgnine, Red Buttons, Leslie Nielsen

Le soir du réveillon du 31 décembre, le paquebot de croisière Le Poséidon, est retourné par une gigantesque lame de fond. A l'intérieur, un petit groupe mené par un pasteur énergique tente de traverser le navire qui coule, afin de retrouver la surface.

Originalité : 8/10
Scénario : 7/10
Musique : 7/10
Interprétation : 7/10
Mise en scène : 7/10
>> Note globale : 7.2/10

D'emblée, je dois avouer que ce fut une très bonne surprise. Rien, sinon les acteurs, ne peuvent attirer dans cette histoire catastrophe somme toute assez banale. Et pourtant, son traitement est intelligent. Évidemment, il n'évite pas les clichés du genre (morts larmoyantes - "Tu diras à mon petit-fils que je l'aime" -, rebondissements attendus ...) mais elle sait aussi prendre leur contre-pied quand il le faut. Ainsi, on trouve une scène assez forte où le héros, qui plus est un homme d'église, ferme la porte sur des dizaines de passagers qui vont mourir. L'histoire ne raconte pas l'histoire d'un naufrage, mais l'histoire d'un groupe d'individus qui veulent en réchapper. Le navire n'est qu'un décor, cela aurait pu se passer dans la jungle. La mise en scène évite ainsi parfois les effets pénibles relatifs aux films catastrophes habituels.

Les personnages sont bien dessinés. Caricaturaux mais pas trop. Gene Hackman (acteur du Nouvel Hollywood), très convaincant, s'oppose à un Ernest Borgnine (star de l'Ancien Hollywood) très en forme. Il faudra un jour réhabiliter cet acteur génial, tout comme Red Buttons (toutefois un peu en retrait ici). Leur évolution surprend parfois, surtout pour le pasteur incarné par Hackman, dont la fin peut être considérée comme assez insolente, d'autant plus à l'époque de production. Un film intelligent, à découvrir.

jeudi 9 décembre 2010

Pat Garrett et Billy the Kid (1973)


PAT GARRETT ET BILLY THE KID (Pat Garrett & Billy the Kid)
Réalisateur : Sam Peckinpah
Scénario : Rudolph Wurlitzer
Avec : James Coburn, Kris Kristofferson, Bob Dylan, Jason Robards

Pat Garrett et Billy the Kid, deux amis de longue date, sont désormais ennemis jurés. Tandis que le premier est un repenti qui arbore l'étoile de shérif, le second persiste à enfreindre la loi et à se fixer ses propres règles. Malgré ses avertissements répétés, Pat n'a d'autre choix que d'emprisonner son vieil ami. Mais ce dernier parvient à s'échapper. Une chasse à l'homme implacable va alors commencer.

Originalité : 8/10
Scénario : 9/10
Musique : 8/10
Interprétation : 8/10
Mise en scène : 10/10
>> Note globale : 8.6/10

Bluffant de maîtrise, étourdissant de perfections diverses. L'œuvre s'admire comme un imposant tableau signé par un maître, où l'on pourrait passer des heures à observer les détails. Chaque plan semble être le plus adapté, vouloir changer de place la caméra et on irait vers l'amoindrissement. La superbe photographie, souvent crépusculaire, donne au film un ton particulier, différent des westerns "fin de mythe". Le rythme donné à la plupart des séquences étale l'histoire, cette confrontation psychologique entre deux hommes, à n'en plus finir, comme pour montrer que personne ne souhaite arriver à une fin. Et quand celle-ci arrive, elle est aussi brusque que violente, aussi inattendue qu'inéluctable.

L'ouverture est magistrale, tout comme les premières apparitions des personnages principaux. Kris Kristofferson que je n'imaginais pas du tout à sa place assure avec brio, aux côtés du sublime James Coburn, touché par la grâce (et la classe !). Le scénario, simple en apparence, parvient à tenir en haleine de bout en bout, ouvrant à plusieurs reprises des chemins inattendus, esquissant juste les psychologies des personnages, laissant ainsi le soin au spectateur d'en déduire ce qu'il veut (la scène entre Pat Garrett et son épouse est à ce niveau remarquable). Une très grande leçon de cinéma, à tous points de vue.

mercredi 24 novembre 2010

Mourir d'aimer (1971)


MOURIR D'AIMER
Réalisateur : André Cayatte
Scénario : André Cayatte et Pierre Dumayet
Avec : Annie Girardot, Bruno Pradal, François Simon, Jean Bouise

Pendant les événements de mai 68, une professeur de français débute une relation avec un de ses élèves, mineur. Elle se heurte alors aux incompréhensions des autres, notamment des parents du jeune homme, qui décident de porter plainte.

Originalité : 8/10
Scénario : 8/10
Musique : 7/10
Interprétation : 8/10
Mise en scène : 7/10
>> Note globale : 7.6/10

Voilà un film marquant pour un jeune homme comme moi, qui plus est étudiant en Histoire. Adaptant une histoire vraie qui avait marquée l'époque, le film retranscrit parfaitement tout l'état d'esprit d'une société à un moment donné. Difficile d'admettre qu'il s'agit de la France, il y a 40 ans ("Et pas n'importe quelle France, la France du général de Gaulle !" dixit OSS 117). Difficile d'admettre la plupart des comportements présentés dans le film, qui apparaissent aujourd'hui parfaitement (heureusement ?) datés. Se pose alors une question compliquée : un tel événement aujourd'hui déchainerais probablement moins les passions, et susciterait à coup sûr la sympathie ... faut-il s'en réjouir ?

Le film a très bien vieillit, à tous les niveaux. Sur le fond d'abord. Je ne sais dans quel but il fut écrit et réalisé - une réhabilitation, voire un nouveau questionnement de l'histoire tragique de cette femme sûrement - mais c'est typiquement le genre de film qui à sa sortie paraît caricatural, d'actualité donc opportuniste, et terriblement manichéen (la jeunesse contre l'ancienne génération pendant mai 68). 40 ans plus tard, il prend une autre allure, dépeint avec force un tableau de la France de la fin des années 60, avec ses défauts, ses qualités, ses rêves et ses échecs, ses contradictions (le père communiste partisan de la Révolution, mais qui agit de la manière la plus conservatrice qui soit avec son fils). Il rappelle à ceux qui pouvaient en douter la formidable (au sens de rapide) évolution de la société, des mœurs et des comportements. Le film ne le montre pas (ou peu), mais l'opinion publique eut un rôle important dans ce drame. Aujourd'hui, cette dernière sauverait la professeur qui dans les années 60 se suicida. Les choses évoluent.

Cinématographiquement, le film reste de très bon niveau car bien réalisé (même si quelques plans très "années 70" apparaissent, comme une plongée en zoom depuis la fenêtre d'un immeuble). La caméra s'adapte au fond du récit : elle a un temps d'avance sur le spectateur. L'histoire d'amour prend forme en quelques plans, très vite, pas de bavardages inutiles, pas de plans sentimentaux. Sans concession, André Cayatte filme de manière à ce que le spectateur arrive dans les scènes quand elles sont commencées, comme le personnage principal subit sa vie, sans voir venir les choses. Annie Girardot est d'une grande justesse, j'ai envie de dire de manière stéréotypée, comme d'habitude. Bruno Pradal est plus fougueux, mais tout à fait convainquant.